HUGO MENDEZ

Red Bull Studios Paris Mixtape

Il vit à Paris mais ses oreilles sont braquées sur le monde entier. Calypso-funk, afro groove, old-school mambo, tropical house ou samba, ce DJ n’a pas son pareil pour déglinguer les dancefloor de l’Angleterre à l’Australie avec les trésors qu’il est le seul à posséder. Dubplates, edits ou inédits, ce producteur passionné, fondateur du label Sofrito et du Sofrito Sound System parcourt ainsi le monde depuis des années, traque labels, producteurs ou disquaires à la recherche des pépites pour épaissir les vibrations d’une discothèque qui se joue entre tropical beats et bass music. Il est également investi dans le projet Rhythmagic Orchestra et produit régulièrement d’excellentes compilations (Sound of Cap Verde, Haiti Direct) pour les labels Strut ou Nascente. Hugo a accepté de répondre à nos questions et nous livrer une mixtape exclusive après son passage au studio avec Dj Simbad.

Peux-tu présenter Sofrito, ton label, à ceux qui ne le connaitraient pas ?
Hugo Mendez : Sofrito est un label et un sound system basé à la fois à Paris et à Londres. Nous organisons des soirées à Londres et nous sortons des disques depuis 2006, tout en organisant aussi les sessions Republic of Sofrito à travers le monde. Sofrito, c’est un peu une manière de célébrer une musique hypnotique et percussive, avec un gros focus sur les musique caribéennes et africaines, dans des clubs européens marqués par la house ou de la disco background autant que par les maîtres de la percussion comme Vélo ou Guy Conquette.

Un label tel que celui-ci aurait-il pu voir le jour ailleurs qu'à Londres ? Pourquoi ?
Hugo Mendez : Ce son a été formulé durant nos session dans les clubs et les soirées à Londres, et il s’agit donc d’un produit de notre environnement, des danseurs, de la culture sound system et de ce qu’on a dans nos bacs. C’est vraiment d’un produit de cette atmosphère londonienne.

Tu viens souvent jouer à Paris. Quel regard portes-tu sur la scène d'ici ?
Hugo Mendez : Aujourd’hui, je vis à Paris, donc je joue en effet assez souvent ici. Il existe une très bonne scène musicale à Paris, mais c’est très différent de Londres – la culture du club s’y est développée de manière différente, et les racines du club anglais (du reggae à la soul en passant par le garage et autre) ne sont pas les mêmes qu’ici. De la même manière, la population des clubbers n’a pas les mêmes références.

Tu es un fou de musique caribéenne. D'où vient cette passion ?
Hugo Mendez : J’ai découvert la musique caribéenne française via mon amour pour la musique latine et cubaine, et après avoir passé du temps en République Dominicaine et en Guadeloupe, mon goût pour ces musiques s’est confirmé. Il y a quelque chose d’unique dans la musique des Antilles françaises, un rythme très particulier qui en fait une des musiques de danse les plus intéressante au monde, et c’est d’ailleurs quelque chose qui n’est pas très connu en Angleterre.

La France redécouvre en ce moment ses liens avec la musique d'Afrique du Nord, notamment grâce à Acid Arab. Peut-on imaginer une tendance similaire avec la musique des Antilles françaises ?
Hugo Mendez : Je pense que quelque chose est en train de se passer à ce niveau là. La réaction des dancefloors à ce genre de rythme est toujours positive, et c’est enthousiasmant de surprendre des gens dont la connaissance de ce style se limite bien souvent à la Compagnie Créole. Il existe une culture musicale riche et complexe aux Antilles, qui ne bénéficie pas encore de l’attention et du respect qu’elle mérite. Espérons que ça change…