Zombie Zombie Livity

August 30, 2017

Deux batteries, quelques synthés analogiques et des litres de sueur, il n’a pas fallu plus de « matos » à Zombie Zombie pour devenir en quelques années l’un des groupes français les plus respectés de leur catégorie. Quelle catégorie ? Celle des humains qui jouent comme des machines. Avec une dose de folie, de maîtrise et d’intensité en plus. Cosmic Neman, Étienne Jaumet et Doc Shonberg ont enregistré leur prochain album – leur meilleur, n’ayons pas peur des mots – au studio en une semaine de prises « live ». Ils présenteront ces nouveaux morceaux lors d’une soirée exceptionnelle à la Marbrerie à Montreuil le 30 septembre dans le cadre du RBMA Festival Paris. Nous leur avons posé quelques questions auxquelles ils ont répondu depuis leur résidence secondaire, une yourte cosmique, située à quelques encablures de Guéthary.

Zombie Zombie est un groupe très intense scéniquement parlant, Comment abordez-vous l'exercice du disque ?
Neman : On n’arrive pas toujours à être « intenses » mais merci du compliment… Pour nous, retrouver l’énergie du live en studio a toujours été un exercice difficile. Atteindre cette transe avec le public, le studio ne permet pas vraiment ça. Par contre d’un point de vue de la musique et dans la manière de faire, on aborde le live et le studio de la même manière, c’est –à-dire que tout est joué live en direct. Il n’y a pas de forme figée du morceau, on ne sait jamais combien de temps celui-ci va durer avant de faire la prise, notre musique est très intuitive, nous sommes donc les trois dans la même pièce afin d’avoir ce rapport de proximité, où beaucoup de choses passent par le regard. On ne recherche pas la perfection de la prise, mais plutôt celle qui a la meilleure énergie et comme toujours c’est souvent la première ! Pour ce qui est de l’intensité, je pense que grâce au travail d’I:Cube au mixage on n’a jamais été aussi proche de l’énergie et de la puissance du live.
Étienne Jaumet : On a essayé avec ce disque de procéder comme lors de nos concerts avec la même disposition scénique et ce principe de jouer tout le morceau avec tous les instruments à la première prise. On a parfois rajouté des arrangements, mais l’énergie à l’enregistrement du morceau reste live comme pour un concert, donc ce fut très intense aussi.

Quelle place occupe ce nouvel album dans votre discographie ?
Étienne Jaumet : Difficile pour moi de le dire maintenant. J’ai du mal à distinguer combien on a fait d’albums, puisque nos précédentes sorties discographiques étaient des BO (Loubia hamra, Irréprochable) ou une musique de spectacle (Slow futur). En plus certains des morceaux de l’album ont été composés pour des ciné-concerts sur des films de Jean Painlevé et Maurice Pialat. Bref, ce disque est dans la continuité des expériences que l’on a eues avec le cinéma et le spectacle et c’est difficile de le détacher de nos activités annexes aux disques.
Neman : Notre dernier album à proprement dit Rituels d’un nouveau monde est sorti il y a déjà 5 ans, mais on ressentait le besoin de faire juste un disque de Zombie Zombie qui ne soit pas la musique d’autre chose.

Pourquoi avoir demandé à Philippe Druillet de travailler sur la pochette du disque ?
Neman : Etienne et moi avons pas mal de disques dont Philippe a fait la pochette, comme l’album East West de Richard Pinhas par exemple, ou Docteur Faust d’Igor Wakhevitch dont on adore le graphisme et la musique ! C’est un travail qu’a toujours fait Philippe en parallèle de sa carrière de bandes dessinées. Et puis évidemment son univers Sci/FI, fantastique est fascinant. On trouvait ça super de demander à un père dans ce domaine, pour nous c’était inespéré ! Après ça été un peu le hasard, car Philippe n’est pas forcément facile d’accès. Grâce à un ami qui le côtoyait récemment on a pu lui faire écouter le disque, il a dit que « ça envoyait » et qu’il était ok pour faire la pochette.
Étienne Jaumet : On avait tous les trois cette envie depuis longtemps. On adore tout ce qu’il fait. BD, design, animation, sculpture, pochette de disque... Je trouve ses dessins tellement inspirants et puissants. J’espère que cette pochette guidera les auditeurs aussi loin dans l’évocation.

Son travail est-il une influence pour vous ?
​Étienne Jaumet : Je dirais plutôt un modèle. Impossible d'appréhender une bande dessinée de Druillet en une seule lecture. C’est à la fois complexe, minimaliste, tribal, futuriste. On peut les apprécier à différent niveau et pour différentes raisons. J’aimerais bien que les gens ressentent la même chose pour nos disques.

Partagez vous une même vision d'un futur fantasmé, influencé par la science fiction ?
Étienne Jaumet : Je ne suis pas obsédé par le futur. Ça ne me fait pas rêver les progrès technologiques, l’évolution de la société, la découverte de nouveaux espaces. Ce sont comme des fantasmes pour moi. Ça peut être un moteur, mais je sais qu’au fond que ce n’est pas eux qui nous font progresser. La science fiction est pour moi une façon de se détacher du présent, de l’instant. Elle me permet de voir les choses sous un autre angle… Je ne sais pas si Philippe est dans le même état d’esprit. Je lui demanderais la prochaine fois que je le verrai.

Votre concert au RBMA Festival Paris ne sera pas une "release party", à quoi peut-on s'attendre ?
Neman : Pour nous ce sera la première occasion de jouer et de présenter en live les morceaux de notre nouvel album Livity presque un mois avant la sortie du disque, si les gens ont envie de voir et d’entendre en avant-première à quoi ressemblera notre disque !

Zombie Zombie live au RBMA Festival Paris.

Zombie Zombie « Livity » sort le 23/10/2017 chez Versatile Records.