Wolfram Exclusive Mixtape

December 09, 2016

DFA-adjacent Viennese producer Wolfram has made a trademark out of a vintage Moroder-via-Baia Degli Angeli cosmic disco hybrid, driving his mobile dancefloor off the Autobahn of motorik techno towards more lighthearted pastures. Ever the gracious guest, he left us this cool little mixtape as a thank-you gift for letting him use the Red Bull Studios Paris studio to mix the vocals from a Peaches collaboration. We’re happy to pass it on, along with this interview with the man himself. (french version available below !)

You spent a few hours at the studio a few days ago. What for?
Wolfram : A few months ago, I recorded a song with Peaches, and I wanted to mix the vocals better. Since we had lots of time in the Red Bull Studios, we also mixed another song, which was recorded with my friends Lipelis and Cédric of Azari & III on vocals in Moscow.

What is your relationship to Paris and its music scene?
Wolfram : I apologize in advance if my answer to this question is a bit long.

When I was a child in the early 80s, my dad always listened to Jean-Michel Jarre, and I liked it. Oxygène is still one of my favourite LPs! So it’s funny that as I'm typing this interview, I'm listening to his new Oxygène Part 3 album, which came out this week. Not quite sure what I think about it yet.

Anyway in the mid-90s, I got my first turntables and bought a Daft Punk 12" on Soma Records. It was called The New Wave, and then maybe a year or two later Homework arrived and everything changed. When I played it to my high school mates and my parents, they were like “what is this, it’s always the same... but somehow it works.” they were not used to this loopy kind of electronic music, but it was the start of a big French music revolution followed by Zdar and Motorbass’ Cassius project, Alex Gopher, Étienne de Crécy and Superdiscount, Demon, Saint Germain etc.

When Air released their debut Moon Safari which was more in the ambient electronic style of Jean-Michel Jarre, even my mum was happy to listen to it.

Back then I bought the vinyl of the legendary club night Paris is Sleeping/Respect is Burning’s compilation put together by my friend Jérôme Viger-Kohler, who threw parties with Fred Agostini. The party was so successful that Virgin Records made a vinyl compilation of all the guests who played their party. The last time I played his club night at Le Bain in New York City, he told me that even Daft Punk went unmasked when they played at their party.

After Bangalter did Music Sounds Better with You the whole world was infected by the French sound, and copycats jumped on the Filter House hype and tried to make it sound like the French. But nobody came close to the emotional impact of the French originals.

Anyway, I could go on and on but those are my best memories with French music. Then One More Time came out, and I know that Paris pulled off the trick a few more times after that, but I was no longer emotionally connected with the stuff like I was growing up.

A few months ago, you created all these fake Youporn, VICE, Apple websites dedicated... to you! Are you a kind of situationist hacker or an ego centrist artist? Or both?
Wolfram : Yes, I have a big ego, but I studied Art and Digital Media at the Academy of Fine Arts, so it still makes me happy to try to experiment by making my own videos and websites alongside producing music. With the websites, I had help from my friend Niki.

My hacked Youporn, New York Times, Donald Trump and other websites should also reflect the “self(ie)” behaviour of our generation, and they were, in some way, the production of the “ultimate selfie.”

Could you tell us a few words about the mix, especially the French intro?
Wolfram : The French intro is by Pierre Barouh. It’s a song of his from the 80s that marked the end of his career, since he was getting old and was more famous in the 60s. The rest is some unreleased stuff by me and friends. Nothing special, but I hope it is pleasant in some way.

Lastly, what are your plans for 2017?
Wolfram : I guess if I had a plan, I wouldn’t be a musician who makes his own videos and websites !

FRENCH VERSION

Producteur viennois adoubé par la clique New Yorkaise de DFA, Wolfram produit depuis une petite dizaine d’années une disco retro-futuriste qui est devenue sa marque de fabrique. Mariant la lubricité disco d’un Moroder première époque aux vibrations cosmic de Baia de Angeli, il a grandement contribué à la détente des dancefloors du monde entier, les emmenant en balade loin des autoroutes de la techno au kilomètre. De passage au studio pour mixer un morceau qu’il a produit pour Peaches, il nous a laissé cette petite mixtape en guise de souvenir. Nous ne saurions trop le remercier pour cette délicate attention.

Tu as passé quelques heures au Red Bull Studios Paris au cours de la semaine dernière. Qu’est-ce que tu y faisais ?
Wolfram : Il y a plusieurs mois, j’ai enregistré un morceau avec Peaches, et je voulais mixer les prises de voix à nouveau. Et puis, étant donné que nous disposions de plusieurs heures dans le studio, on a aussi mixé une autre chanson, que j’avais enregistrée à Moscou, avec mes amis Lipelis et Cédric d’Azari & III aux chœurs.

Quelle est ta relation avec Paris et sa scène musicale ?
Wolfram : Alors, la réponse à cette question risque d’être un peu longue pour certains, donc désolé en avance…

Quand j’étais enfant au début des années 80, mon père écoutait constamment Jean-Michel Jarre, et j’aimais beaucoup ça – Oxygène reste par ailleurs un de mes disques préférés ! Du coup en écrivant cette réponse, j’écoute son nouvel album Oxygène Part 3 album, qui est paru la semaine dernière. Je ne suis pas encore sûr de quoi en penser.

Bref, au milieu des années 90, j’ai acheté mes premières platines, et le maxi de Daft Punk, The New Wave, sur Soma Records. Puis, un an ou deux plus tard, Homework est apparu et tout a changé. Quand je le faisais écouter à mes amis du lycée ou à mes parents, ils ne comprenaient pas. Ils disaient tous que, même si c’était très répétitif, ça avait un certain charme. Personne n’était habitué à ce genre de musique électronique à base de boucles, mais ça a signalé le début du succès commercial de la musique française. Cette révolution entraîna aussi le projet Cassius de Zdar et Motorbass, Alex Gopher, Étienne de Crécy et son Superdiscount, Demon, Saint Germain, et tout ça. Lorsque Air ont lancé leur premier album Moon Safari, qui présentait un style plus ambient à la Jean-Michel Jarre, même ma mère adorait.

À cette époque, j’ai acheté le vinyle de la compilation éponyme des soirées légendaires Paris is Sleeping/Respect is Burning de Jérôme Viger-Kohler et Fred Agostini. La renommée et le prestige de cette soirée étaient tels – la dernière fois que j’ai mixé à la soirée que Jérôme organise au club Le Bain à New York, il m’a confié que Daft Punk y jouaient même sans leurs masques – que Virgin Records a fait une compilation vinyle de tous les DJs qui y ont été invités.

Quand Bangalter a fait un tabac avec Music Sounds Better with You, le monde entier est tombé amoureux de la French Touch, et les émules en ont profité pour sortir eux aussi leurs tubes Filter House à la française. Par contre, très peu d’entre eux ont réussi à faire des trucs qui avaient cette même puissance émotionnelle.

Je pourrais continuer à déblatérer, mais ce sont mes meilleurs souvenirs en rapport à la musique française. Puis One More Time est sorti, et les Parisiens ont bien entendu réussi à recréer cette magie à quelques reprises au cours des années, mais je n’avais plus ce lien affectif avec ce genre musical que j’avais quand j’étais plus jeune.


Il y a quelques mois, tu as créé tout plein de faux sites Youporn, VICE, Apple sur ton propre sujet. Te considères-tu comme un hacker situationniste ou un artiste égocentrique (ou un peu des deux) ?
Wolfram : Alors, en effet, j’ai un immense égo, mais n’oublions pas que j’ai étudié les arts et médias numériques aux Beaux-Arts. J’adore toujours expérimenter en créant mes propres vidéos et sites Web en plus de ma musique.

Ces sites Youporn, New York Times, Donald Trump, etc., que j’ai produit en collaboration avec mon amie Niki, cherchent à refléter l’obsession narcissiste de notre génération avec les selfie, se voulant une représentation de l’« ultime selfie ».

Peux-tu nous parler de ton mix, en particulier de cette intro en français ?
Wolfram : Cette intro est de Pierre Barouh. C’est un morceau qu’il a produit dans les années 80, vers la fin de sa carrière, qui avait connu ces heures de gloire dans les années 60. Le reste du mix est composé de morceaux inédits, des trucs que j’ai fait avec des potes. Ce n’est rien de spécial, mais j’espère que les gens trouveront ça agréable quand même.

Et pour conclure, quels sont tes projets pour 2017 ?
Wolfram : Si j’étais du genre à avoir un plan, je ne serais pas un musicien qui crée ses propres vidéos et sites Web !