S.R. Krebs, une américaine à Paris

paris editor / August 29, 2014

De son Mississippi natal, S.R. Krebs a conservé la voix des gospels, le chant surhumain des églises, qu’elle reprenait en chœur avant même de savoir lire. Une puissance qui devait, lors de ses escapades à San Francisco via New York, se transformer en un folk fragile et céleste qui devait mettre la scène locale au diapason, depuis le fond des cafés où elle officiait, entourée de Thao & The Get Down Stay Dow ou The Blak Tapes. Débarquée à Paris, immergée dans la scène électronique tout en demeurant marquée par le shoe gaze et des réminiscences cold wave de l’adolescence, elle a élaboré son nouveau disque au Red Bull Studios Paris en compagnie de David Shaw et Maik de Tristesse Contemporaine. Explications.

Tu as passé quelques jours au Red Bull Studios Paris pour travailler sur Grey skies, ton nouel EP. Comment se sont déroulées les sessions ? A quoi va ressembler ton disque ?
SR Krebs : Travailler avec Tibo dans un tel studio était quelque chose de grandiose. Tibo a un esprit tellement calme et studieux. J’ai vraiment eu la sensation de pouvoir faire ce que je voulais. Et le fait d’avoir David Shaw, mes producteurs et Maik avec moi n’a fait que rendre cette expérience encore plus géniale. Pour répondre à ta deuxième question, je n’aime pas penser à ce à quoi ressemblera ma musique. J’aime écrire les chansons, j’en réalise une par jour et, en quelque sorte, le disque se fait tout seul, progressivement. J’aime l’idée que les chansons ont un esprit qui leur est propre, et que tout cela mis bout à bout forme un disque. Mais si je devais vraiment expliquer la direction dans laquelle je vais, je dirais… Quelque chose de lent mais de rythmé, de sombre mais de très organique, avec des pianos, des guitares électriques et de la batterie.

En tant qu’étrangère, quelle est ta vision de Paris et des gens qui y vivent ? Qu’est-ce qui te plait et qu’est-ce que tu détestes dans cette ville ?
SR Krebs : J’aime le poids de l’Histoire dans cette ville, le poids des siècles… J’aime l’idée que ça a été un havre de paix et de confort pour beaucoup d’écrivains américains, mais aussi d’artistes et de musiciens. Je pense à Jeff Buckley, à Nina Simone ou à Hemingway et Miller. Et puis, j’aimerais toujours Paris, parce que c’est une ville dans laquelle je me suis vraiment trouvée. J’aime le pain au chocolat quand il est encore chaud, j’aime la vue sur le soleil levant depuis mon appartement, et j’aime fumer des clopes avec des Parisiens séduisants. Il n’y a qu’un seule chose que je déteste à Paris : dans les bars ou les restaurants, le service est d’une lenteur insupportable. Ca me désespère lorsque j’attends mon second, troisième ou quatrième verre de vin... Plus sérieusement, j’adore les Français, mais bon… Dépêchez-vous, j’ai soif !

Peux-tu nous recommander trois vidéos que tu aimes ?

C’est un film d’animation en stop motion qui célèbre le non-conformisme, l’amour et l’unité. J’adore ! Ca me sauve la vie quand je suis triste.


Il n’y a pas vraiment de mots pour décrire ces bribes d’interview. Elle est fantastiquement cinglée mais elle demeure pour moi le symbole de l’artiste féminine qui ne se compromet jamais et ne compromet jamais son art, que ce soit pour un homme ou pour quoi que ce soit d’autre.


Cette vidéo me rend un peu triste et nostalgique. Ca me fait penser à la jeunesse, au fait de faire l’amour pour la première fois. C’est la peur de l’inconnu, mais aussi le malaise de devoir finalement « putain » de grandir.