RED BULL STUDIOS PARIS SESSION : DARIUS

paris editor / October 28, 2015

One producer, one week’s residency at Red Bull Studios Paris, one EP for free download: this is how it’s done at Red Bull Studios Paris Sessions. S01E05: after Low Jack, French Fries & Bambounou, Pépé Bradock and Feadz, French house wunderkind Darius steps up to the plate (french version below !).

Here’s a young man born of sky blue seasons and a softly simmering light. Tall, slim, and topped off by a shock of black hair, Darius produces sounds for extended shorelines and rolling valleys where perfect summers still linger. It’s luminously upbeat techno, riding high with soft explosions that echo and chime against the sun and other such blazing stones. That he should have teamed up with small Parisian collective Roche Musique, known specifically for their ability to bring a tropical touch to any winter, comes as no surprise. In Cézaire, Kartell and Zimmer, it seems Darius has found three alter egos seized by the same compulsion for summer beach sonorities. The boy, raised in a port, near Bordeaux, had already pushed out three EPs on Roche Musique by the time he was 26. First came Velour, and its comfortable feel, followed by Romance built on a mood and Helios released last april. Two collections of tracks to coat en entire revolution of the sun in the same hot sound.

Before that, Darius had always cooked up his confections out of the peaceful secrecy of his own home studio. No more than a couple of devices and most importantly, his computer keyboard, the same one used to launch his first productions on MySpace and Soundcloud, looking to maybe make a name for himself. When the artist took up residency in Red Bull’s Parisian lab, he first had to master, in record time, a new set of machines. Confronted with all the analogue utensils he’d never touched in his young career, Darius just had to feel his way around the compressor and the phaser, therefore exploring the subtler depths of his music. But most of all, and indeed for the first time, he got to experience the flat-out luxury of a mixing desk, allowing him to combine as many layers as he liked, with as much precision as required. With this panoply of surgeon’s tools, his messing around quickly evolved towards a profoundly more concrete quality. “It’s always more interesting to turn knobs and switches to achieve a result. In this case it felt like I was actually molding the sound with my own hands,” he confirms.

On the first day of this new Red Bull Studios Session, Darius was torn between fleshing out a draft he’d had on the go, and beginning something completely fresh. Having blocked out the ground of melodies on the computer, and setting the analogue mechanisms in motion, he also recorded several of the percussion rhythms offered by the studio before distilling two distinct propositions. The results are entitled Pyor and Cyan. “I don’t know if people will get it but what’s certain is that it was all done spontaneously,” Darius explains, “sometimes I lose sight of my instincts, spending too much time on one track and ending up with something overly complicated. This time it came together quickly, naturally, it was all very fluid.”

The one thing that the Bordelais producer has held onto from this brief experience is not the discovery of a certain instrument or machine, but a piece of furniture. The big Red Bull mixing desk chair with its hefty armrests:  “I realized that I really don’t have a decent chair when I’m home working! The one in the studio was great. In my work space, I really need everything to be clean.” Then there was also the question of hours. The session saw Darius break with habit, assuming the rather unfamiliar outfit of a daylight creature. “I mostly work at night. And so it kind of, suddenly, felt like I was working office hours,” he remarks, “but it was actually pretty. Working at night can be so physically and mentally exhausting, that it felt good to make the most of the day and be able to relax in the evening.” If one thing is certain, daylight hours did nothing to quench the sultry, spacey moods and melodies that are such a part of his production.

Un producteur, une semaine de résidence au Red Bull Studios Paris, un EP en téléchargement gratuit, telle est la règle des Red Bull Studios Paris Sessions. Saison 1, épisode 5 : après Low Jack, French Fries & Bambounou, Pépé Bradock et Feadz, c’est le wonderkid de la House française, Darius, qui s’y colle.  

C’est le jeune homme d’une seule saison. Azure et torréfiée par une lumière à la chaleur douce. Darius, grande tige surmontée d’une mèche noire batailleuse, pratique une musique de longs rivages ou de grands vallons d’étés impeccables. C’est une techno aux bondissement scintillants, qui monte haut en éclatant avec délicatesse et donne l’impression de faire ricocher ses échos aux teintes de grelots contre le soleil ou un autre autre caillou brûlant du genre. Pas étonnant alors qu’il se soit acoquiné avec la petite cohorte parisienne de Roche Musique, réputée pour savoir donner à l’hiver le goût des tropiques. Avec Cézaire, Kartell ou bien Zimmer, Darius semble avoir trouvé des alters égos portés par la même envie de jouer les pieds dans l’eau. À 26 ans, celui qui a grandi dans un port, à Bordeaux, a déjà farci trois EP, signés sur Roche Musique. Il y a eu Velour d’abord, titre d’un touché confortable. Puis Romance, celui d’une humeur ainsi qu'Helios en avril dernier. Deux collections de titres pour couvrir le cadran complet d’une année du même bruit chaud.

Jusque-là, Darius avait toujours cuit ses productions dans le secret tranquille de son studio de chez lui. Quelques machines et, surtout, son clavier d’ordinateur au bout duquel il avait envoyé ses premières productions sur Myspace et Soundcloud pour se ciseler une petite notoriété. Lorsque l’artiste a pris ses quartiers dans le laboratoire parisien de Red Bull, c’est une nouvelle machinerie qu’il a du apprivoiser très rapidement. Il y avait tous ces ustensiles analogiques auxquels il ne s’était pas encore confronté depuis les balbutiements de sa jeune carrière. Voilà que Darius a tâté du compresseur et du phaseur, donnant ainsi des variations plus profondes à sa musique. Surtout, il a passé pour la première fois toute sa production au révélateur d’une console principale, mixant minutieusement chacune des pistes qu’il pouvait penser. Tout un fatras de pièces chirurgicales qui donnait soudainement un vernis terriblement plus concret à ses magouilles. « C’est toujours plus intéressant de tourner des boutons pour atteindre un résultat. Là, j’avais l’impression de pouvoir palper le son de mes propres mains », dit-il.

Au premier jour de cette nouvelle Red Bull Studios Session, Darius souhaitait, d’une part, donner de la chaire à une ébauche entamée quelques temps auparavant et, d’autre part, ouvrager un morceau inédit. Après avoir préparé le terrain de ses mélodies dans le dur de son ordinateur et enclenché le mécanisme de l’artillerie analogique, il a également enregistré plusieurs rythmes de percussions mis à disposition par le studio avant de tout fondre dans deux moules différents. Les deux pistes travaillées se nomment « Pyor » et « Cyan ». « Je ne sais pas si les gens comprendront mais ce qui est sûr c'est que tout s'est fait dans la spontanéité, note Darius. J’ai parfois tendance à perdre cela et à passer beaucoup trop de temps sur un morceau et ça peut donner des résultats un peu trop compliqués. Cette fois, c’était assez rapide, très fluide. »

De cette brève aventure, le producteur girondin retient un élément particulier. Pas une machine, ni un instrument. Une pièce de mobilier. Le large siège aux accoudoirs épais installé devant la console du cocon Red Bull. Il en rigole encore : « Je me rends compte que je n’ai pas de bon siège pour travailler chez moi ! Celui que j’avais au studio était vraiment bien. Dans mon espace de travail, j’ai vraiment besoin que tout soit clean. » Il y aussi le temps. À l’occasion de cette session, Darius a fait valser ses habitudes et s’est retrouvé à bidouiller dans le costume étrange d’un travailleur de jour. « Moi, je travaille essentiellement la nuit. Du coup, j’avais un peu l’impression d’avoir des horaires de bureaux, remarque-t-il. Mais c’était assez cool. Bosser la nuit, c’est crevant physiquement et mentalement. C’était cool d’avoir rempli sa journée et d’être tranquille le soir. » Et travailler le jour ne l’a surtout pas empêché de maintenir les hautes températures et les airs spatiaux si chère à sa production.

Text: Raphael Malkin
Photography: Philippe Lévy
Artwork: Laurent Fétis and Sarah Martinon
Translation: EL&MND

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