Beats On Demand : Flavien Berger

March 02, 2017

Un producteur, une centaine de sons, un millier de possibilités. Beats On Demand propose un défi simple : produire un morceau en se basant uniquement sur les sons envoyés par les internautes, pendant une session de deux jours au Red Bull Studios Paris. Après Superpoze, nous avons invité le musicien français Flavien Berger, parce qu’il a réussi en un seul disque à créer son propre langage, onirique, fantasque, poétique, aux frontières de la techno pointue et d’un songwriting pop des plus sophistiqués. Le résultat est un voyage sonore mental et collaboratif.

Comment s'est déroulé le projet ? Content des contributions ?
Flavien Berger :
Utiliser des enregistrements de la vie de tous les jours en samplant mes archives comme matière sonore est une pratique à laquelle je suis habitué, dans mes disques et même dans mes cassettes que je mets sur soundcloud. Le hasard joue souvent un rôle important quand il s’agit de tirer un son d’un disque dur pour le rajouter à un morceau. J’étais donc ravi de faire cet exercice avec une autre matière que la mienne. C’était mystérieux car je ne ne connais pas les gens qui m’ont envoyé ces sons, je ne sais pas qui se cache derrière. C’est aussi très gratifiant car ces sons me sont adressés, c’est comme un cadeau et à la fois c’est une pièce d’un puzzle, comme dans un grand jeu. Il y avait un panorama de sons très complet, à la fois des éléments rythmiques, des éléments mélodiques et des sons plus liés à une ambiance ou à un environnement, enfin il y avait ceux qui « disaient » quelque chose, les mots.

Comment as-tu conçu le morceau compte tenu du matériel dont tu disposais ?
Flavien Berger :
J’ai d’abord enregistré une base de morceau de manière assez classique. Il me fallait un squelette autour duquel articuler toutes cette narration. J’ai joué des accords sur le Rhodes et j’ai enregistré un accompagnement basse, guitare, batterie. Je n’ai pas l’habitude d’enregistrer de vrais instruments, c’était nouveau pour moi d’être derrière une console et de donner le top à des musiciens, j’ai adoré. Cette structure prête, j’ai classé ces sons par famille, afin de les disposer dans les différents paysages de la chanson. J’ai utilisé tous les sons que l’on m’a envoyé, à l’exception de morceaux qui s’apparentaient à des maquettes, car j’ai reçu quelques morceaux de musique déjà finis, donc trop riches et contenant trop d’informations sonores, empêchant les autres sons d’exister. La plupart des sons sont utilisés tels quels, il est arrivé plusieurs fois que j’en transforme certains, par exemple Rebeka Warrior m’a envoyé une voix disant « à table », mais je ne savais pas où le caser, je l’ai alors mis en boucle et ralenti afin qu’il s’harmonise avec une nappe du break.

Ne pas maîtriser les ingrédients d'un morceau, c'est une contrainte stimulante ou un exercice périlleux ?
Flavien Berger :
C’est très stimulant. En musique j’essaye d’être à la fois souple et gainé comme en saut en parachute. Souple car il faut laisser vivre l’accident, ne pas se prostrer dès que les choses prennent un virage inattendu, et gainé car il faut savoir ce que l’on veut, il y a quand même un but à atteindre et un cap à maintenir.

Tu as été omniprésent sur les scènes Européennes ces derniers mois, quels sont tes plans pour l'année qui vient ?
Flavien Berger :
Faire un killer album sur le voyage dans le temps.

CRÉDITS

Niels Kanto à l’ambiance de bord de mer
Fidinirina Radaody à la lave volcanique dans l’eau
Julien Jelsh au hi hat extérieur
Cosme Castro aux gouttes dans la baignoire de l’hotel Méridien
Andrei Convar au bruits de bouche et claquement de langue
Virgile Machala au bruit d’alerte de validation
Mathilde Cherel au cochon d’Indes
Pierre Dine à la cocotte minute
Rojwan Lemoine à l’horloge ancienne
Julie Brouant à la machine à laver
Maxime Louzon au ressort électronique
Marion Brouant au frottement
Fidinirina Radaody aux pingouins

Alexandre Burk au rire ralenti
Ania Aite au kalimba
Valentin Bonnet à la matière réharmonisée en sol#
Audrey Gleizes au vent nocturne dans les lames de marbre
Paul Petit à l’harmonica lointain
Steve Banon au choeur d’ether
Jacques Auberger au claquement de mains

Nathan Herveux aux bulles cosmiques
Arthur Muller au carillon éolien
Juliane Loyez au mécanisme et au zip zap
Victor Connan à la sonnerie de téléphone
Tofie Soma à la voix dépitchée
Rebeka Warrior à la voix de pervers repitchée

Roberta Gottardo aux applaudissements post récital
Victor Connan au raccrochage de téléphone râleur
Hélène Dahéron à la boucle de piano
Anna Tordjman aux premiers babillages
Youri Cviklinsky à l’appel de nourrisson
Niels Kanto au chant du giboulée

Pablo Padovani à la basse
Infinite Bisous à la batterie et à la guitare
Pierre Rousseau au moog voyager 2
Franco Dragomir au marimba

Enregistrement au studio redbull Thibaut Javoy
Mix Flavien Berger et Jacques Auberger
Masterisé par Benjamin Joubert

Merci à Guillaume Sorge, Thibaut Javoy, Élodie Haddad, Arthur Peschaud, Aurélie Mercier,
Taissa Arruda, Louise Roam, Pierre Rousseau, Pablo Padovani, Rori mc Carthy, Jacques Auberger, Maya de Mondragon,
et surtout merci à tous les contributeurs sonores qui ont joués le jeu et m’ont aidé à raconter cette histoire fragmentée.