Bamao Yendé présente Boukan Records

January 19, 2017

Ils ont une petite vingtaine d’années, ont découvert la musique en fouillant de fond en comble d’obscures chaînes Youtube consacrées à la UK Garage. Ils digèrent ces influences pour créer leur propre son, un mélange de grime, de house tribale et de musique africaine, une musique aussi référencée que spontanée, à l’efficacité redoutable. Ils viennent de Cergy Pontoise et vous allez entendre parler d’eux.

Peux tu présenter Boukan Records ?
​Bamao Yendé : Je suis issu du collectif YGRK KLUB, on vient tous de Cergy Pontoise. Certains font de la musique, d’autres sont plus dans la couture ou les arts visuels… On s'est regroupés afin de créer des événements où on pourrait mêler tout ça. Nous avons produit pas mal d'événements en banlieue et sur Paris ces trois dernières années avant de ralentir un peu le rythme. En avril dernier j'ai monté Boukan records on y retrouve les frères sûrs du YGRK : Beyta & Moku John ainsi que Sottoh & Kabaka. D’autres artistes viennent nous rejoindre au gré des sorties : DJ Lycox, Sha Sha Kimbo ainsi que l'australien Cassius Select qui sera sur la prochaine sortie.

D'où viens-tu musicalement ? Quelle musique écoutais-tu enfant ?
Bamao Yendé : J'ai grandi imprégné de la culture Hip Hop et R’n’B de mon grand frère, mêlée aux musiques africaines que je pouvais écouter avec mes tantes, les trajets en voiture en écoutant Stevie Wonder avec le padre. Petit, je pétais un câble sur Michael Jackson, grande choré et tout aha !

Comment as tu découvert la musique électronique, la house et le grime en particulier ?
Bamao Yendé : Pendant ma période disco funk j'ai glissé petit à petit vers les musiques électroniques, je suis passé par une phase nu disco pendant laquelle j'écoutais Pantera de Kartell et les délires de ce genre là… C'était à peu près au moment où les chaînes musicales anglaises ont explosé. Elles uploadaient pas mal de son, j'ai commencé par digger sur les chaînes en question, et quand je kiffais un artiste, j'allais plus loin en découvrant son label, les personnes avec qui il fait du son etc. Donc oui, c’est en commençant à digger du son sur des plateformes anglaises que je suis arrivé sur le garage et le grime.

Écoutes-tu du hip hop français ?
Bamao Yendé : Un peu mais je ne suis pas trop fan des nouveaux délires… J'aimais bien le rap à l'ancienne l'époque Lunatic, Time Bomb tout ça. Dans le hip hop français actuel je kiffe bien Ichon, Prince Waly, ce genre de vibes.

Quel regard portez-vous sur Paris et les soirées où vous pouvez jouer ?
Bamao Yendé : j'ai un regard plein d'optimisme. Il commence à se passer des choses cool en dehors des soirées techno c'est motivant. Par exemple c'est sympa de voir qu'un mec comme Teki Latex ramène des artistes qu'on a pas l'habitude de voir jouer à Paris. Il a créé une ouverture dans un milieu assez fermé.

Vos projets d'avenir ?
Bamao Yendé : On sort une compilation sur Boukan, une douzaine de titres avec les gars du squad et des invités. On fait notre release party en deux temps : la première partie dans le cadre des Jeudi minuit de dj AZF le 19 Janvier où l'on ramène Foxmind de Birmignham et la deuxième partie avec la légende Roska à la Machine du Moulin Rouge le 17 février. Pas mal d'EP’s sont prévus avec Moku John, Mama Testa, Jaymie Silk, Puzupuzu, Ahef, Kabaka… Et la première sortie vinyle va arriver pour le premier anniversaire du label.